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Médicaments et conduite automobile

Une étude récente (2010) portant sur plus de 70 000 conducteurs impliqués dans un accident indique qu’en France, 3,3 % des accidents de la route sont directement liés à l’utilisation de médicaments de niveau de risque 2 ou 3 (voir encadré).

De très nombreux médicaments à risques

Un nombre important de médicaments ont des effets négatifs sur la conduite automobile, avec des risques accrus d’accidents. Ils peuvent entraîner une baisse de la vigilance ou de la somnolence, une diminution des capacités d’attention, des troubles de la coordination des mouvements, des modifications du comportement, des vertiges, des troubles de la vue, etc.

Certaines classes de médicaments sont tout particulièrement à surveiller :
• les psychotropes : les anxiolytiques (benzodiazépines, de type Lexomyl, avec un risque accru de 50 %), les anti-dépresseurs (notamment tricycliques, avec un risque plus que doublé), les hypnotiques (prescrits en présence de troubles du sommeil, malgré leur faible efficacité et les multiples risques qu’ils présentent – voir notre dossier sur Les troubles du sommeil). Ces médicaments sont largement prescrits, compte tenu de la fréquence des troubles du sommeil et de la dépression chez les personnes âgées ;
• les anti-épileptiques ;
• les anti-histaminiques prescrits dans le cadre des allergies ;
• les antalgiques opiacés prescrits dans les cas de douleurs chroniques, malheureusement fréquentes ;
• les médicaments contre la toux contenant de la codéine ;
• des médicaments contre le rhume, même s’ils ne nécessitent pas de prescription médicale.

Des facteurs aggravants

Les risques sont aggravés si plusieurs traitements médicamenteux sont pris simultanément, ce qui est souvent le cas avec l’avancée en âge : les interactions entre médicaments peuvent accentuer les effets négatifs d’un traitement sur les capacités de conduite. Si plusieurs médicaments à risque pour la conduite sont pris en parallèle, le risque s’accroît fortement : s’il augmente de 14 % avec un seul médicament (niveau 2 ou 3), il augmente de 30 % avec deux médicaments, et de plus de 86 % avec trois médicaments ou plus.

La consommation d’alcool accentue considérablement les effets secondaires, notamment la somnolence. Il est formellement déconseillé de conduire après avoir consommé de l’alcool et pris un médicament à risque pour la conduite, quel qu’en soit le niveau (voir encadré).

Des risques accrus chez les seniors

Les personnes âgées consomment habituellement plus de médicaments que les autres tranches d’âge. Ceci est dû au fait qu’elles présentent souvent de multiples pathologies, en particulier des maladies chroniques.

Par ailleurs, le métabolisme des médicaments est différent chez les personnes âgées : la vitesse d’absorption, les processus permettant au médicament d’atteindre sa cible et d’agir, ainsi que la capacité d’élimination sont ralentis : il en résulte une présence plus longue du médicament dans l’organisme, voire une accumulation du produit.

Là encore, une évaluation faite par le médecin doit permettre de mieux appréhender les risques liés à ces prises médicamenteuses.

Les risques concernent également les piétons : accidents sur la voie publique, dus à la baisse de vigilance ; risques de chutes, pour la même raison.

Conseils pratiques

• si vous achetez des médicaments sans ordonnance, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien s’ils présentent des risques de somnolence ou des contre-indications pour la conduite automobile ; pour des raisons obscures, le devoir d’information sur les effets secondaires – pourtant réels dans de nombreux cas – de ce type de médicaments est moins exigeant que pour les médicaments sur prescription ; en particulier, les pictogrammes indiquant le risque quant à la conduite n’apparaissent pas sur l’emballage.
• ne consommez pas d’alcool quand vous prenez un médicament présentant un risque pour la conduite ; l’alcool accentue les effets secondaires, notamment la somnolence.
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Des pictogrammes (symboles) signalant les produits à risque pour la conduite d'un véhicule sont imprimés sur les boîtes des médicaments concernés ; cela concerne plus d’un tiers des médicaments, les autres, sans impact sur la conduite, ne comportant aucun pictogramme :
• une voiture sur fond rouge signifie que la conduite est fortement déconseillée et que l'avis d'un médecin est indispensable (risque de niveau 3) ;
• une voiture sur fond orange signifie qu’il peut exister des effets significatifs sur les capacités de conduite, pouvant être accentués selon la sensibilité individuelle : il faut être très prudent et demander l'avis d'un professionnel de santé (niveau 2) ;
• une voiture sur fond jaune signifie que les effets sur la conduite sont théoriquement faibles et dépendent de la sensibilité individuelle ; chez les seniors, la lecture de la notice et un avis du médecin et/ou du pharmacien s'imposent avant de prendre le volant (niveau 1).