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Automédication : prudence !

Il est assez courant de se passer de la visite chez le médecin pour de petites affections courantes (rhumes, maux de gorge, maux de tête, boutons de fièvre, problèmes gastriques, etc.). Un passage par l’armoire à pharmacie ou chez le pharmacien pour acheter des médicaments sans ordonnance semble naturel à beaucoup d’entre nous pour soigner ces problèmes sans gravité.

Des initiatives gouvernementales et les campagnes de presse qui les accompagnent nous y encouragent également. En 2007, un rapport commandé par le ministère de la Santé proposait des pistes pour « développer » l’automédication ; moins médiatisé, le rapport de l’Académie nationale de Pharmacie concluait en revanche que « du fait de la responsabilité que recouvre l’acte de dispensation, l’Académie nationale de Pharmacie s’oppose à laisser le médicament, quel qu’il soit, en libre accès, même à l’intérieur d’une pharmacie ». En juillet 2008, un décret autorisait la vente en accès libre dans les pharmacies de plus de 300 médicaments, non remboursables par l’assurance maladie, afin de développer l’automédication et de « faire baisser les prix ». Fin 2009, plus de la moitié des pharmacies proposaient des médicaments en libre service.

Simultanément, la presse pointait avec une belle unanimité le « retard » français en la matière : en dépit de dépenses de médicaments parmi les plus élevées dans les pays développés, les Français ne dépensaient « que » 27 euros par an pour se soigner seuls, contre 40 euros pour les Anglais et les Italiens, et plus de 60 euros pour les Allemands, selon les chiffres fournis par l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa).

Allant à l’encontre des nombreuses mises en garde médicales quant aux risques de l’automédication, et alors que les Français « consomment » déjà 2 à 3 fois plus de médicaments que la moyenne européenne, ces initiatives ont pour objectif, outre l’intérêt commercial de l’industrie pharmaceutique, d’alléger les dépenses de remboursement de l’assurance maladie, en faisant prendre en charge par les patients eux-mêmes le coût d’une partie de leurs médicaments, et en « économisant » des consultations médicales.

Des risques aggravés

Aucune substance n’étant inoffensive, automédication aggrave les risques liés aux traitements, surtout chez les personnes suivant plusieurs traitements, ce qui est le cas de nombreux seniors : sous dosage, surdosage, interactions avec d’autres traitements, risque de laisser évoluer une maladie non diagnostiquée…

L’utilisation des anti-inflammatoires peut ainsi favoriser la diffusion d’infections bactériennes dentaires ou pharyngées, et conduire à des cellulites de la face ou du cou, maladies très graves nécessitant une intervention chirurgicale en urgence, des soins prolongés en réanimation, avec des risques de décès (7 % des cas) ou des séquelles esthétiques.

Prendre en compte le mode d’élimination des médicaments

L’indispensable élimination des médicaments, se fait, selon leur nature, grâce au foie ou aux reins. La prescription des traitements de maladies multiples vise à diversifier les modes d’élimination, afin de ne pas solliciter excessivement l’un de ces organes. Le choix d’un traitement prend également en compte un éventuel affaiblissement de l’un ou l’autre de ces organes.

Là encore, seul le médecin est à même de faire ces choix, qui diffèrent d’une personne à l’autre mais aussi d’une période à l’autre chez le même patient, en fonction de l’évolution de son état de santé et de l’avancée en âge.

Les médicaments en accès libre : attention aux pièges

Le libre accès aux médicaments n’a malheureusement pas été mis en place dans les meilleures conditions de transparence et d’efficacité pour les patients : les intérêts commerciaux des fabricants et des pharmaciens ont parfois pris le pas sur la qualité des médicaments et les critères de prix. Comme l’indiquait dans Le Monde du 19 octobre 2009 Jean-François automédication, chef de service en médecine interne à l'hôpital Lariboisière, « le choix [des pharmaciens] se fait en fonction des propriétés thérapeutiques des médicaments, mais aussi en fonction de la demande de la clientèle, des facilités de commande de tel ou tel médicament et... de la marge financière ».

Il soulignait également que la liste officielle des médicaments en libre accès ne comprend pas toujours ceux dont l’efficacité est la plus importante, et inclut des médicaments anciens de faible intérêt. Selon le Professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue, « près de la moitié des médicaments mis devant le comptoir serait à déconseiller » en raison de leur inefficacité (placebos) ou des risques d’incidents.

Un des objectifs affichés est également de faire baisser les prix (libres) de ces médicaments, qui peuvent varier du simple au triple, grâce à la possibilité de comparer les prix d’une pharmacie à l’autre. Il sera cependant plus intéressant financièrement pour le patient d’acheter, quand ils existent, les médicaments équivalents remboursables (qui ne sont pas proposés en libre service) : les prix de ceux-ci sont encadrés par l’Etat et sont donc systématiquement moins élevés que ceux des médicaments non remboursables.

Acheter sur Internet

L’achat de « médicaments » ou de compléments alimentaires sur Internet est formellement déconseillé. La distribution des médicaments est en France réservée au circuit des pharmacies, pour des raisons évidentes de sécurité. Les produits disponibles sur Internet sont dans leur grande majorité des contrefaçons, contenant souvent des substances toxiques et présentant des risques importants pour la santé.

Les produits « miracles » n’ont dans le meilleur des cas aucune efficacité, et peuvent présenter des effets toxiques. Ils risquent en outre de détourner les patients de leur traitement médical, indispensable pour éviter une aggravation de leur maladie.

Pour plus de détails, consultez notre rubrique Médicaments et Internet.

Quelques conseils

Lors d’une consultation chez le médecin traitant, lui demander quels médicaments il conseille pour les troubles bénins, compte tenu de votre état de santé, de vos traitements éventuels, et de votre âge. Faites-vous prescrire des médicaments remboursés ; si vous n’en avez plus, demandez au pharmacien les mêmes médicaments : ils seront adaptés à votre cas et généralement moins chers que les médicaments non remboursés.
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Les chiffres concernant les accidents automédication sont mal évalués, en raison de l’absence de déclaration par les médecins. En 2000, une étude du service de pharmacologie du CHU de Bordeaux estimait à 3 pour mille les consultations en médecine générale consécutives aux effets secondaires d’un traitement en automédication : plus de la moitié des cas concernaient des médicaments disponibles uniquement sur ordonnance, réutilisés après une première prescription ; un tiers des cas nécessitaient une hospitalisation.
Un effort d’information a été fait parallèlement au développement de automédication : des documents d’information ont été élaborés, les notices de certains médicaments ont été réécrites et simplifiées.
L’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a en particulier édité des brochures sur certaines pathologies pouvant relever de automédication, ainsi que sur certains médicaments disponibles sans ordonnance : cliquez ici pour accéder à la liste des brochures.