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Les troubles du sommeil

Le sommeil tient une place très importante dans notre existence : nous passons en moyenne un tiers de notre temps à dormir, ce qui permet à notre organisme de récupérer des efforts physiques et psychiques de la journée. Notre qualité de vie dépend ainsi étroitement de la qualité de notre sommeil, et des troubles durables du sommeil auront un impact important sur notre santé, ainsi que sur notre vie quotidienne.

Les besoins en sommeil varient selon les individus et selon les âges de la vie : le temps de sommeil dont vous avez besoin est celui qui vous permet d’être en forme pendant la journée. Deux Français sur trois estiment mal dormir, dont 23 % sont pris en charge pour leurs troubles du sommeil. Cette « plainte » concernant le sommeil ne correspond pas toujours à de vrais troubles : dans certains cas, une adaptation de l’hygiène de vie permet d’obtenir une qualité de sommeil satisfaisante, notamment la pratique d’activités physiques de toute nature (voir la rubrique Conseils pratiques). Une meilleure connaissance de ses propres besoins en sommeil et de leur évolution avec l’âge facilite l’adoption de rythmes appropriés, sans chercher à se référer à de supposées normes (heure du coucher, durée du sommeil, réveils précoces).

Des troubles handicapants

Des troubles réels ont en revanche un impact important sur la qualité de vie : fatigue, somnolence, mauvaises performances intellectuelles (mémoire, attention) et physiques, générant à leur tour stress et angoisse ; la vie familiale et sociale peut s’en trouver perturbée. S’ils s’installent durablement, ils peuvent entraîner des états dépressifs. La somnolence qu’ils entraînent est souvent accompagnée d’endormissements involontaires et d’efforts constants pour maintenir sa vigilance et assurer des activités normales ; elle accentue également les risques de chutes, d’accidents domestiques ou de la circulation, aux conséquences souvent graves. Les troubles du sommeil favorisent également la prise de poids.

Ces troubles ne doivent donc pas être négligés, ni par la personne qui en souffre, ni par le médecin traitant. Chez les seniors, l’avancée en âge n’explique pas tout : un sommeil et une qualité de vie corrects restent bien sûr tout à fait possibles. Il ne faut cependant pas confondre des troubles véritables, handicapants dans la vie quotidienne, avec des désagréments provoqués par des évolutions normales (sommeil plus léger, temps de sommeil raccourci, réveils tôt le matin), qui devront être acceptés (accompagnés éventuellement d’adaptations de l’hygiène de vie).

Les différents types de troubles

L’insomnie est le principal et le plus connu des troubles du sommeil. Elle se caractérise par un sommeil de mauvaise qualité, à différents moments du processus : difficultés à s’endormir (plus d’une demi-heure après le coucher), réveils multiples au cours de la nuit, difficultés à se rendormir, réveil précoce en fin de nuit ou au petit matin.

D’autres pathologies peuvent être à l’origine des troubles du sommeil :
• les hypersomnies, caractérisées par un sommeil de longue durée, accompagné de difficultés à se lever et de somnolence accentuée au cours de la journée ;
• les troubles du rythme, qui entraînent un décalage des temps de sommeil : coucher retardé (fréquent chez les adolescents et les jeunes adultes) ou précoce (généralement chez les personnes âgées) ;
• le syndrome des jambes sans repos, qui gêne considérablement l’endormissement, et est souvent associé au syndrome des mouvements périodiques des jambes, dont le dormeur n’a pas conscience mais qui déstructure ses rythmes de sommeil ;
• le syndrome des apnées du sommeil, difficile à repérer par le patient, associant ronflements sonores et arrêts fréquents de la respiration, entraînant des conséquences sérieuses sur la santé.

Si des troubles réels sont repérés, il est indispensable d’en rechercher la cause afin de les prendre en charge aussi efficacement que possible.

Le diagnostic des troubles du sommeil

Il est nécessaire de consulter son médecin traitant en présence de troubles durables du sommeil altérant la qualité de vie ; une consultation pourra être consacrée à ce seul sujet. Le médecin précisera la nature des troubles grâce aux indications apportées par le patient, à qui il fera éventuellement remplir sur plusieurs jours un agenda du sommeil (voir encadré).

Dans certains cas, des informations et des conseils d’hygiène de vie suffiront, en particulier chez les seniors s’inquiétant de leurs nuits raccourcies et de leurs réveils matinaux (voir la rubrique Conseils pratiques).

En présence de troubles réels, le diagnostic permet de mettre en place une prise en charge adaptée, notamment, dans certains cas très précis, une prescription médicamenteuse sur une courte durée. Si nécessaire, le patient pourra être orienté vers des consultations spécialisées au sein de centres du sommeil. Des examens approfondis pourront être effectués, à l’hôpital ou au domicile : polygraphie respiratoire (enregistrement au cours de la nuit des paramètres respiratoires, cardiaques, et du taux d’oxygène dans le sang) ou polysomnographie (qui enregistre également l’activité du cerveau et donc les stades du sommeil).

Des médicaments à utiliser avec précaution

Les médicaments (hypnotiques et/ou anxiolytiques) sont encore trop souvent considérés comme « la » réponse aux problèmes d’insomnie. Ils ont cependant de nombreux inconvénients, qui devraient les faire réserver à des cas très précis et sur de courtes périodes, notamment en raison des risques de dépendance : plus de trois millions de Français seraient dépendants aux benzodiazépines. S’ils facilitent effectivement l’endormissement, ils modifient les cycles naturels du sommeil, empêchant l’organisme de retrouver un rythme de sommeil harmonieux. Ils entraînent des réveils difficiles, une impression de « gueule de bois », une somnolence dans la journée. Celle-ci présente les mêmes risques sérieux que la somnolence due aux troubles du sommeil eux-mêmes : risque de chutes avec toutes le conséquences qu’elle peuvent avoir chez les seniors (voir notre dossier), risque d’accidents de la circulation. De plus, l’arrêt du traitement entraîne généralement un retour ou même une aggravation des troubles.

De nouveaux traitements à destination des seniors, respectant les mécanismes naturels du sommeil, sont en cours d’évaluation : la prescription de mélatonine, hormone naturellement produite par l’organisme mais dont le taux diminue avec l’âge, semble n’avoir qu’une efficacité modeste et doit être limitée à trois semaines maximum, comme pour les autres hypnotiques. Comme le souligne la Haute autorité de santé (HAS), « quoi qu’il en soit, la réponse au problème de l’insomnie et de la surconsommation d’hypnotiques ne doit pas se limiter à une approche médicamenteuse ».
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Les sous-rubriques
. Les mécanismes du sommeil
. Les insomnies
. Les apnées du sommeil
. Les hypersomnies
. Les troubles du rythme
. Le syndrome des jambes sans repos
. Sommeil et dépression
. Conseils pratiques
. Liens et adresses utiles
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Un phénomène de grande ampleur (chiffres du ministère de la Santé)
• un Français sur quatre déclare souffrir de troubles du sommeil ;
10 à 15 % des Français souffrent d’insomnies plus de trois fois par semaine ;
8,4 % souffrent du syndrome des jambes sans repos ;
5 à 7 % souffrent d’apnée du sommeil ;
8 % souffrent de somnolence pendant la journée.
L’insomnie concerne deux fois plus souvent les femmes que les hommes (surtout après 40 ans).
Chez les insomniaques chroniques, on constate un doublement du risque de maladies cardio-vasculaires, de dépression ou d’anxiété, d’addiction à l’alcool ou aux stupéfiants, d’hospitalisation, et d’absentéisme chez les personnes en activité professionnelle.
Un accident de la circulation sur trois serait lié à un problème de vigilance dû au manque de sommeil et/ou à la prise de médicaments.
La période de l’arrêt de l’activité professionnelle et de la ménopause (entre 50 et 60 ans) est une période délicate pour la qualité du sommeil. La diminution des tensions et des contraintes permet cependant souvent un allongement des nuits et une meilleure qualité de sommeil dans un premier temps.
Prenez le temps de parler avec votre médecin
de vos problèmes de sommeil : prévoyez éventuellement une consultation consacrée à ce seul sujet. Le médecin pourra vous proposer d’utiliser un agenda du sommeil pour se faire une idée précise de votre sommeil.
L’agenda du sommeil est rempli pendant plusieurs jours par le patient, qui y inscrit ses heures de coucher, d’endormissement, de réveil, les phases de demi-sommeil, les réveils nocturnes et leur durée, l’horaire et la durée des siestes, les périodes de somnolence dans la journée, les horaires de prise de médicaments. Il permet ainsi au médecin de se faire une idée précise des rythmes de sommeil et de veille, en complément des indications fournies par le patient sur sa perception de son sommeil. Des troubles importants peuvent ainsi être repérés, mais aussi de simples inadaptations de l’hygiène de vie.