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La prise en charge de l'incontinence d'effort

Dans la mesure où ce type d’incontinence est toujours lié à des problèmes musculaires, le premier traitement à entreprendre consistera à tonifier les muscles concernés, avec l’aide d’un kinésithérapeute spécialisé. Les méthodes de rééducation musculaire peuvent s’avérer inefficaces si les muscles sont très atteints ; si elles ne donnent pas de résultats au bout de 15 à 20 séances, il est inutile de poursuivre la rééducation.

En cas d’échec, un traitement médicamenteux pourra vous être prescrit, avec des résultats variables selon les cas, et présentant un certain nombre d’effets secondaires. Dans certaines situations précises, une intervention chirurgicale pourra être envisagée.

La rééducation musculaire

Différentes techniques peuvent être utilisées par le kinésithérapeute pour renforcer les muscles concernés, en fonction des atteintes constatées (périnée, sphincter) :
• la rééducation manuelle, réalisée par le kinésithérapeute pour renforcer les muscles concernés ;
• les techniques de biofeedback : la pose de sondes permet de visualiser sur un écran la contraction des muscles, et d’évaluer les effets des efforts fournis ; un processus d’apprentissage est ainsi mis en route, favorisant la contraction des muscles permettant de contrôler la miction ;
• l’électro-stimulation passive : une sonde transmettant des signaux électriques (non douloureux bien sûr) entraîne la contraction involontaire des muscles et permet ainsi leur renforcement.

Il existe également des méthodes d’auto-rééducation, qui ne doivent être utilisées que dans le cadre d’un suivi médical rigoureux ; celui-ci inclut obligatoirement un bilan préalable afin de vérifier que les muscles du périnée sont en bon état :
• l’utilisation de cônes, insérés dans le vagin, et dont le poids sera de plus en plus important afin de faire travailler les muscles du périnée ;
• l’utilisation d’un boitier d’électro-stimulation, encadrée par le médecin ou le kinésithérapeute pour apprendre à le régler correctement.

Toutes ces méthodes sont efficaces chez les personnes ayant bien assimilé leur utilité et effectuant assidument les exercices au cours des séances et les prolongeant par un travail personnel guidé par le thérapeute.

Les traitements médicamenteux

Il n’existe qu’un seul médicament indiqué pour le traitement de l’incontinence d’effort. Les résultats du traitement ne sont pas garantis, et il peut provoquer des effets secondaires.

La chirurgie

Une intervention chirurgicale peut être proposée par un urologue, en cas d’échec des autres prises en charge, et dans certains cas très précis, si la vessie est mal soutenue par les muscles du périnée. Elle n’est pas indiquée quand le problème se situe au niveau de l’urètre, qu’il soit trop ou pas assez comprimé. Elle ne peut pas être mise en œuvre en cas de descente d’organes, de problèmes cardiaques ou respiratoires.

Une technique récente et relativement légère consiste en la pose de bandelettes sous-urétrales (TVT), qui soutiennent l’urètre : lors des pressions abdominales (toux, rire…), l’urètre sera retenu par la bandelette et donc lui-même comprimé, empêchant les fuites. Cette intervention nécessite une hospitalisation courte (24 ou 48 heures) et est réalisée sous anesthésie locale ou loco-régionale. Il est nécessaire de respecter strictement certaines consignes pendant les trois à quatre semaines qui suivent l’intervention, pour favoriser son efficacité et éviter des complications, qui surviennent rarement : ne pas faire d’efforts importants (charge de plus de 5 kilos), ne pas avoir de rapports sexuels, ne pas faire de sport , ne pas prendre de bain. Les résultats de l’intervention sont généralement satisfaisants : elle est efficace dans 80 % des cas. Le jet d’urine sera parfois moins fort et les mictions plus longues. Le taux de récidive (réapparition des symptômes) est de 10 % à 5 ans, et de 30 % à 10 ans. Lorsque cela se produit, certains urologues peuvent proposer une nouvelle intervention.

L’implantation d’un sphincter artificiel est une méthode plus lourde qui n’est envisagée, en accord avec le patient, qu’en cas d’échec des autres techniques.

Les autres techniques

Si les prises en charge évoquées ne donnent pas de résultats satisfaisants ou ne peuvent être mises en œuvre (contre-indications pour les interventions chirurgicales), différentes solutions sont envisageables, incluant, sans s’y limiter, l’utilisation de protections.

Le pessaire est un anneau, placé au fond du vagin, qui renforce la pression de fermeture de l’urètre et soutient les organes. Des tests sont nécessaires pour déterminer de façon optimale sa position et son diamètre.

Le tampon vaginal n’est utile que pour les cas d’incontinence d’effort pure, par exemple chez les sportifs de haut niveau lors d’une compétition.

Les obturateurs placés dans l’urètre permettent d’éviter les fuites de façon temporaire. Un petit apprentissage est nécessaire pour leur mise en place et leur retrait lorsque l’on désire se rendre aux toilettes. D’usage unique, ils ne sont pas remboursés par l’assurance maladie.

Les injections péri-urétrales de silicone permettent de comprimer l’urètre et de faciliter ainsi le contrôle des mictions. Cette technique entraîne peu de complications, mais son efficacité est moindre que celle des bandelettes sous-urétrales. Pour cette raison, elle conserve un caractère expérimental et est réservée à des cas très précis. Les injections doivent être renouvelées dans le temps.
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Dans tous les cas, il est formellement déconseillé de se contenter d’exercices de gymnastique ou de recourir à des méthodes comme l’arrêt volontaire de la miction (stop-pipi), sous peine d’aggraver fortement les troubles :
• les muscles à solliciter étant très spécifiques, il n’est pas possible de faire travailler spontanément les bons muscles ; en particulier, les abdominaux ne doivent pas être renforcés, car ils augmenteraient la pression abdominale et donc la défaillance périnéale ;
• l’arrêt volontaire de la miction est utilisé de façon très ponctuelle dans le cadre de la kinésithérapie pour faire prendre conscience des mécanismes en jeu ; s’il est répété, il peut entraîner des infections urinaires (la vessie ne se vidant pas complètement) et dérégler les mécanismes complexes (cérébraux, nerveux et musculaires) de l’évacuation urinaire.