Navigation dans le siteLien vers les pages de liens utilesLien vers les pages pour comprendre le vieillissementLien vers les pages d'actualitéLien vers les pages pour bien vieillirLien vers les pages de l'aide sociale, juridique et financiereLien vers les pages de présentation de l'IRIPS
pixel vide
fleche
pixel vide accueil >> Comprendre le vieillissement >> Les problèmes des pieds >> Des risques accrus chez les diabétiques
pixel vide
Des risques accrus chez les diabétiques

Certaines complications du diabète représentent un danger pour le pied du diabétique : la neuropathie (atteinte des nerfs) et la macro-angiopathie (atteinte des artères). En effet, les plaies survenant sur un pied insensible seront moins rapidement détectées et donc traitées avec retard ; le processus de cicatrisation sera lui-même beaucoup plus long.

Le risque essentiel est alors la surinfection de la plaie, la nécrose (destruction) des tissus voisins, et, si aucune thérapeutique ne peut venir à bout du problème, l’amputation de la zone de l’orteil ou du pied qui n’est plus irriguée. Même si cette complication reste rare en pourcentage (environ 5 % des patients), elle représente près de 15 000 cas par an en France. Des statistiques ont prouvé que 50 % de ces cas pourraient être évités par des mesures de prévention adaptées.

Les atteintes nerveuses

L’atteinte des nerfs périphériques, responsables de la transmission au cerveau des informations sensorielles et de la motricité, provoque les troubles suivants :
troubles de la sensibilité superficielle :la perception du chaud, du froid, de la douleur au niveau de la peau du pied est atténuée ou absente ;
troubles de la sensibilité profonde : la perception de l’état du sol et des pressions subies par le simple contact du pied est atteinte, ce qui modifie la façon de marcher, entraînant à la longue la déformation du pied en« pied creux » (voûte plantaire exagérément creusée). Le talon et la base des orteils deviennent les seuls points d’appui du pied, les orteils se déformant en se soulevant peu à peu du plan du sol. Ces déformations favorisent la formation de cors et durillons.
troubles moteurs : la diminution de la force musculaire et la mauvaise coordination des mouvements participent à la déformation du pied décrite ci-dessus.

Le diabète peut également provoquer une atteinte du système nerveux végétatif, ensemble des nerfs qui innervent les organes et leurs composants (tissus et vaisseaux) permettant ainsi leur fonctionnement. Dans le cas des glandes sudoripares du pied (qui fabriquent la sueur), ces dysfonctionnements provoquent une sécheresse exagérée au niveau de la peau, responsable de crevasses, d’épaississement réactionnel de la peau (hyperkératose), et favorisent aussi les cors et durillons.

Les problèmes vasculaires

L’atteinte artérielle, qui entrave la circulation du sang, empêche pour sa part une bonne cicatrisation des tissus lésés : en effet, il faut 20 fois plus d’oxygène et donc d’apport de sang artériel pour cicatriser une plaie que pour entretenir simplement le revêtement de la peau. Les infections sont également plus fréquentes.

Les conséquences potentielles

La complication la plus fréquente au niveau du pied est ce qu’on appelle le « mal perforant plantaire », selon le processus suivant :
• des cors se forment au niveau de la déformation des orteils ;
• le pied devenu insensible ne ressent pas la douleur provoquée par le cor ;
• le cor évolue en comprimant toujours plus le derme sous jacent (couches profondes de la peau) ;
• le cor étant situé au niveau d’une articulation d’un orteil, celle-ci s’enflamme (rougeur et œdème autour du cor) ;
• cette inflammation articulaire peut s’infecter : du pus peut alors se développer sous le cor et se diriger en profondeur vers l’os ;
• le pus va creuser de véritables cavités qui ne pourront cicatriser qu’en fonction des capacités de défense contre l’infection mais surtout de l’état des artères du pied et de la jambe concernés ;
• si les traitements se révèlent inefficaces, la cicatrisation peut traîner en longueur et aboutir à une zone de gangrène, justifiable alors d’une amputation localisée.

La même évolution peut se voir au niveau d’un durillon. Tous les maux bénins qui touchent les pieds sont ainsi potentiellement graves pour le patient diabétique. Il faut donc les repérer pour les traiter rapidement et connaître leurs causes pour les prévenir.

Détecter les risques spécifiques

Si vous n’avez pas de complications diabétiques, vous n’avez pas plus de risques que le reste de la population d’avoir des problèmes sérieux au niveau du pied. Il faut cependant rester vigilant pour dépister les risques par l’apparition des signes suivants :
• une difficulté pour ressentir le chaud ou le froid, par exemple en marchant pieds nus sur du sable chaud ;
• une différence de sensation du chaud ou du froid entre les pieds et les mains, par exemple en se douchant ;
• une absence de douleur malgré la présence d’une plaie ;
• ne plus ressentir si une chaussure est trop petite ou à la bonne taille ;
• ne pas être gêné par un corps étranger dans les chaussures ;
• une gêne musculaire lors de la marche ;
• une douleur au mollet lors de la marche ;
• des pieds froids ou anormalement secs.

La prévention

La prévention des atteintes graves du pied est triple: un bon équilibrage du diabète pour éviter au maximum les complications ; reconnaître celles-ci quand elles surviennent au niveau du pied (une surveillance quotidienne est donc nécessaire) ; enfin, en présence de complications, les prendre soigneusement en charge pour éviter leur aggravation.
pixel vide
pixel vide