Navigation dans le siteLien vers les pages de liens utilesLien vers les pages pour comprendre le vieillissementLien vers les pages d'actualitéLien vers les pages pour bien vieillirLien vers les pages de l'aide sociale, juridique et financiereLien vers les pages de présentation de l'IRIPS
pixel vide
fleche
pixel vide accueil >> Bien vieillir >> Les freins à la prise en charge >> Les réticences à la prise en charge
pixel vide
Les réticences à la prise en charge

La prise en charge de la maladie suppose l’établissement du diagnostic et son acceptation par le patient ; les parents peuvent également avoir un rôle de soutien et d’encouragement au respect du traitement. Dans certains cas cependant, ils ignorent le diagnostic, si le psychiatre traitant leur enfant ne leur communique pas, dans le cadre d’une psychothérapie où la confidentialité est censée être de mise.

La mise en route de la prise en charge suppose l’établissement d’une relation de confiance avec le psychiatre, grâce à la qualité de son écoute, à sa disponibilité. Cependant, la durée réduite des consultations (une vingtaine de minutes) ne laisse pas toujours le temps lors d’un premier contact d’enclencher une démarche dans la durée. Si la rencontre se passe mal du point de vue du patient, celui-ci ne reviendra généralement pas pour une autre consultation. Mais même si le processus peut être enclenché, les deux axes éventuels de la prise en charge, le traitement médicamenteux et la psychothérapie, peuvent eux-mêmes générer des réticences de nature à gêner la prise en charge, ainsi que sa poursuite sur la durée.

Les traitements médicamenteux

Les traitements médicamenteux inquiètent en raison de leurs effets réels ou supposés. Les patients craignent de perdre leur identité, de ne plus se reconnaître. Il est vrai que certains traitements ont des effets lourds, entraînant une forme d’apathie, de ralentissement (traitements de la schizophrénie et des psychoses maniaco-dépressives). Certains patients préfèrent pour cette raison consulter un psychologue qu’un psychiatre, pour éviter un traitement médicamenteux.

L’entourage familial peut également s’interroger sur l’utilité du traitement et ses effets secondaires.

« Elle est bien suivie. Son traitement a été modifié l’an dernier. Est-ce qu’elle ne prend pas trop de médicaments ? » (interview des parents de Mlle D.)

Même si les patients ont accepté d’entreprendre le traitement, il arrive fréquemment que celui-ci soit mal respecté, voire interrompu. On constate notamment que les périodes où les patients sortent de leur quotidien, comme les vacances, favorisent l’arrêt du traitement. Dans le cas de la schizophrénie, cet arrêt provoque une aggravation des symptômes : la réapparition des crises fait alors subir des risques au patient, jusqu’à des tentatives de suicide.

Les psychothérapies

Une psychothérapie est conseillée dans certaines pathologies en parallèle à la prise en charge médicamenteuse. Une thérapie familiale, qui implique l’ensemble de la famille pour en dénouer les tensions affectives, peut également être envisagée. L’utilité de cette démarche peut être mal comprise par le patient et son entourage, dans la mesure où un traitement médicamenteux est également prescrit. Son mode d’action, basé uniquement sur la parole, et ses résultats effectifs sont difficiles à appréhender d’emblée. Les remises en cause et les modifications de positionnement des membres de la famille qu’elle induit peuvent être des moments délicats à vivre. Le risque de renoncement à cette démarche est donc toujours présent.

Des prises en charge intermittentes

Les patients schizophrènes en particulier présentent souvent des parcours de prise en charge discontinus. Les troubles se déclarent fréquemment à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, sous forme de bouffées délirantes. Les patients sont alors diagnostiqués et traités, éventuellement dans le cadre d’une hospitalisation. Les symptômes peuvent alors s’atténuer, et certains patients interrompent leur traitement, occultant leur maladie. Une vie plus ou moins normale peut être reprise pendant un certain temps, mais la maladie s’aggrave et donne lieu à de nouveaux épisodes de crise, nécessitant de nouvelles hospitalisations et des reprises de traitement plus ou moins durables. La vie quotidienne des patients et de leur entourage est ainsi fortement affectée par l’absence de prise en charge continue.

Mlle D. connaît un épisode de bouffées délirantes lorsqu’elle a une vingtaine d’années. Ses parents racontent : « Elle a consulté un psychiatre, puis son état s’est stabilisé jusqu’en 1991. Pendant cette période, elle n’a pas eu de traitement ni de suivi psychologique. » Sept ans plus tard, une grave rechute la conduit à interrompre de brillantes études, et la détourne de la carrière professionnelle qu’elle envisageait. Cinq ans plus tard, après une tentative de suicide, « le diagnostic de psychose maniaco-dépressive a été posé, et les médecins ont cherché un traitement efficace. Pour notre fille, cela a représenté le début de la maladie. »
pixel vide
pixel vide