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Les édulcorants

Les ventes d’édulcorants, sous forme de sucres et sucrettes ou incorporés dans des préparations industrielles, se sont considérablement développées, en liaison avec les préoccupations des consommateurs concernant leur poids et leur santé. Le message plus ou moins explicite transmis par les fabricants pourrait se résumer ainsi : « Vous pouvez maintenant consommer des produits sucrés sans danger pour votre ligne et votre état de santé ! ».

La réalité est cependant plus complexe que des messages publicitaires souvent délibérément flous. Le cas le plus frappant est celui des bonbons ou chewing-gums dits « sans sucre », ce qui signifie en réalité sans saccharose (sucre courant) : ils contiennent des polyols qui, contrairement aux autres édulcorants, contiennent des calories, et ne procurent qu’un avantage minime (2,7 calories par gramme au lieu de 4 pour le sucre courant).

Les édulcorants sont des produits chimiques, reproduisant la sensation de « sucré » qui semble universellement attirante pour l’être humain, dès le plus jeune âge. Leur pouvoir sucrant est très variable, parfois extrêmement puissant (saccharine). Ils n’apportent généralement aucune calorie, à l’exception des polyols (sucres d’alcool) que nous venons d’évoquer.

Nous passerons donc en revue les différents « dangers » que ces produits représentent : accoutumance au goût sucré, difficultés pour décrypter la composition des produits, risques potentiels pour la santé, avec des réglementations très différentes selon les pays.

L’attrait pour le sucré

Les nutritionnistes insistent toujours sur l’équilibre alimentaire à moyen et long terme, le seul à avoir une signification en termes de santé (sauf dans des cas précis comme le diabète, où l’équilibre doit être respecté à chaque repas). Dans cette perspective, le reproche majeur fait aux édulcorants est qu’ils entretiennent l’attrait pour la saveur sucrée, et que celle-ci stimule l’appétit. Des études ont ainsi montré que la prise calorique quotidienne est plus élevée chez les personnes consommant des édulcorants que chez celles consommant du sucre.

Dans une optique de long terme, la réduction de la consommation de sucre semble donc plus efficace que son remplacement par des édulcorants.

Des emballages difficiles à décrypter

Tous les slogans présents sur les emballages doivent être interprétés avec beaucoup de précautions : la législation, sous la pression des associations de consommateurs, fait des avancées en matière de contrôle des « allégations » liées à la santé ; elle reste cependant bien timide face aux enjeux industriels et financiers de ce secteur économique. La seule source d’information fiable est la liste des ingrédients, obligatoire sur l’emballage des produits alimentaires, même si elle reste insuffisante (pas de mention de la quantité de chaque ingrédient).

Des produits parfois à risques

Des rumeurs alarmistes courent au sujet de l’aspartame, notamment sur Internet. Il est bien difficile de démêler le vrai du faux, comme jadis avec les rumeurs sur les colorants artificiels. Petit tour d’horizon des édulcorants à risques…

L’aspartame : autorisé en France depuis 1988, certains lui prêtent des dangers aussi nombreux qu’impressionnants (sclérose en plaques, cancers, diabète, dépression et tendances suicidaires, etc.). La base de l’argumentation est sa transformation dans l’intestin en différents produits potentiellement toxiques à hautes doses, comme le méthanol, nocif pour la vision ; les quantités réellement produites sont cependant minimes, et largement inférieures à celles qu’on trouve à l’état naturel, par exemple dans les jus de fruits ou de légumes. Les expérimentations sur les animaux n’ont pas mis en évidence de toxicité de l’aspartame. En revanche, un autre produit de l’ingestion de l’aspartame, la phénylalanine, peut effectivement être toxique à forte dose chez les personnes souffrant de phénylcétonurie (maladie chromosomique). L’aspartame pourrait également provoquer des migraines ou de l’urticaire chez des personnes prédisposées, ainsi que des troubles intestinaux (de fortes doses quotidiennes peuvent par exemple entraîner des diarrhées). Il est déconseillé chez les femmes enceintes et les enfants.

La saccharine : ancêtre des édulcorants, découverte en 1879, elle a un très grand pouvoir sucrant (300 fois celui du sucre ordinaire). En raison de risques de favoriser certains cancers (vessie), son utilisation est interdite dans certains pays (Canada) ou autorisée avec des avertissements sanitaires (Etats-Unis). Elle est autorisée en France et présente dans des boissons et des produits vitaminés.

Les cyclamates : les études sur les rongeurs ont montré qu’ils favorisent le cancer de la vessie. Ils sont interdits aux Etats-Unis mais autorisés dans l’Union européenne, malgré une dose journalère admissible basse (deux verres de boisson sucrée suffisent pour l’atteindre chez les enfants de moins de 8 ans).
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Face à l’efficacité très relative des édulcorants concernant l’équilibre alimentaire et aux risques potentiels qu’ils présentent, il semble judicieux de réduire sa consommation de sucre, sans se priver des plaisirs qui contribuent à une alimentation gratifiante et équilibrée. Evitez au maximum les boissons (sodas et eaux aromatisées) et préparations industrielles, y compris « allégées », au profit d’aliments simples préparés « comme à la maison », dont la teneur en sucre est facile à évaluer.