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Evaluer la douleur

Afin de prescrire un traitement adapté, il est nécessaire d’évaluer la douleur ressentie par un patient, en termes d’intensité et de répercussions sur sa vie quotidienne. L’exercice est complexe, en raison du caractère subjectif de la douleur. Lorsque l’état du patient le permet, on privilégiera l’auto-évaluation de la douleur, grâce à un entretien détaillé et à l’utilisation de diverses échelles facilitant la description de la douleur. Dans le cas contraire (enfants, personnes âgées ayant du mal à communiquer, malades d’Alzheimer, patients en réanimation), l’hétéro-évaluation (par l’entourage et les soignants) se fondera sur l’observation du comportement du patient.

L’évaluation devra être répétée afin d’évaluer les résultats du traitement, et de décider de son interruption, de sa poursuite ou de son réaménagement. Cette évaluation permet la transmission d’une information précise entre les soignants, et favorise une meilleure relation entre soigné et soignant.

Un entretien détaillé

Il permet de préciser l’ensemble des caractéristiques et du retentissement de la douleur ressentie :
• son caractère aigu ou chronique ;
• les circonstances où elle est apparue (maladie, accident) ;
• le type de douleur : décharge électrique, brûlure, torsion, pesanteur…
• sa localisation, ou son caractère diffus ; la localisation pourra être précisée grâce à un schéma du corps humain, de face et de dos, sur lequel le patient indiquera les zones habituellement douloureuses (par un « S » pour les douleurs en surface et un « P » pour les douleurs profondes ; la douleur la plus intense sera repérée par un « I ») ;
• son évolution depuis son apparition ;
• ses variations : moments de la journée et rythme jour/nuit, circonstances de déclenchement ou d’aggravation (mouvements, alimentation, etc.) ;
• ses répercussions sur la vie du patient (notamment sur le sommeil).

Utiliser des échelles de douleur

Différentes échelles ont été élaborées afin de permettre au patient d’indiquer aussi précisément que possible l’intensité des douleurs ressenties.

L’échelle EVA (échelle visuelle analogique) se présente comme une réglette horizontale sur laquelle le patient positionne un curseur, entre l’extrémité gauche (absence de douleur) et droite (douleur maximale imaginable), à l’endroit évoquant l’intensité de la douleur. Au dos, une graduation précise de 0 à 100 mm permet au soignant de repérer la valeur associée. Celle-ci permet de prendre ou non une décision thérapeutique :
• entre 0 et 30 : mal être, anxiété ;
• entre 30 et 70 : douleur à traiter ;
• au-dessus de 70 : urgence médicale.

Si l’utilisation de cette échelle s’avère compliquée pour le patient, d’autres échelles peuvent être utilisées, selon le même principe (d’absence de douleur à douleur maximale imaginable) : échelle verbale simple (douleur absente, faible, modérée, intense, extrêmement intense), échelle numérique de 0 à 10.

Le questionnaire de l’hôpital Saint-Antoine

Le questionnaire douleur de Saint-Antoine (QDSA), inspiré du Mc Gill Pain Questionnaire élaboré par Melzack en 1975, permet de décrire plus précisément la douleur.

Des critères sensoriels et affectifs sont proposés sous forme de groupes de mots ; pour chaque critère, la patient choisit le mot le plus approprié et lui affecte une note de 0 à 4 :
0 = absent, pas du tout
1 = faible, un peu
2 = modéré, moyennement
3 = fort, beaucoup
4 = extrêmement fort, extrêmement.

Vous pouvez télécharger ce questionnaire en cliquant ici.

Les évaluations comportementales

Elles permettent, par observation du patient, de déterminer les répercussions de la douleur sur le comportement du patient.

L’échelle Doloplus est particulièrement adaptée aux personnes âgées, et évalue les trois types de conséquences de la douleur :
• retentissement somatique : plaintes somatiques, positions antalgiques au repos, protection de zones douloureuses, mimique, sommeil ;
• retentissement psychomoteur : toilette et/ou habillage, mouvements ;
• retentissement psychosocial : communication, vie sociale, troubles du comportement.
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Le caractère subjectif de la douleur ne doit pas conduire à dévaloriser le discours du patient, bien au contraire : lui seul peut exprimer, de la façon qui lui est propre, ce qu’il ressent, orientant ainsi la prise en charge de la douleur et permettant d’évaluer son efficacité. Si le traitement est efficace et fait disparaître une douleur même violente, il faudra également l’exprimer, sans crainte d’être accusé d’avoir exagéré la douleur ressentie : c’est le but même du traitement, qui doit pouvoir être évalué dans ses succès comme dans ses échecs.