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Les difficultés d'expression


Pour une prise en charge aussi efficace que possible, la personne âgée qui souffre doit parler de sa douleur, avec son entourage et avec son médecin, pour décrire avec précision sa localisation, son type, son intensité, son évolution au cours de la journée, etc. Des échelles d’auto-évaluation de la douleur peuvent aider à préciser la description de la douleur ressentie (voir la rubrique Evaluer la douleur).

Des modes d’expression très variables

La façon d’exprimer douleur ou souffrance peut varier considérablement d’une culture à l’autre, d’un individu à l’autre. Les soignants doivent être attentifs à cette dimension, leur propre histoire (et les préjugés qu’elle induit) pouvant faire obstacle à une juste appréciation de la douleur.

On oppose fréquemment les pays « nordiques » aux pays « méditerranéens » où l’expression de la douleur est plus visible, voire spectaculaire. L’éducation intervient également : le milieu familial encourage ou freine la verbalisation des émotions ; les garçons sont souvent encouragés à se montrer « forts » et à ne pas « pleurnicher », ce qui handicape parfois les hommes adultes pour exprimer ce qu’ils ressentent au moral et au physique.

Les obstacles à la verbalisation

Fréquemment, différents obstacles rendent l’expression ou la description de la douleur difficile :
• la peur de la douleur, assimilée à la gravité d’une maladie, empêche parfois d’écouter sa propre douleur ;
• la multiplication des pathologies douloureuses peut empêcher de s’en faire une idée précise ;
• une forme de découragement ou de résignation, surtout si des plaintes antérieures n’ont pas été suivies d’une prise en charge efficace ;
• une expression ne rendant pas compte de la réalité de la douleur : un simple « j’ai mal » peut correspondre à une douleur très forte, associée éventuellement à une pathologie grave ;
• le rôle de l’interlocuteur : un patient n’exprimera pas forcément sa douleur de la même façon à son conjoint, à sa famille, à un médecin, à un infirmier ou aide-soignant ; en particulier, la peur des conséquences de ce qui est dit peut freiner l’expression face au médecin, en charge de décisions lourdes (nouveaux examens, hospitalisation, reprise d’un traitement) ; avec l’entourage, d’autres réticences peuvent apparaître, selon le contexte (peur de faire de la peine, de lasser…) ;
• une expression non verbalisée de la douleur : refus d’échanger, rejet de l’entourage, dépression…
• des troubles du langage ou une baisse des performances intellectuelles, dus éventuellement à une maladie dégénérative comme la maladie d’Alzheimer : l’absence de plainte ne signifie pas forcément l’absence de douleur.

L’évaluation de la douleur nécessite donc la prise en compte de ce qu’exprime le patient, mais aussi son entourage familial et les soignants qui en ont la charge.

Reconnaître la douleur non exprimée

Certains indices doivent alerter entourage ou soignants sur l’éventualité d’une souffrance non exprimée, notamment les modifications du comportement (le corps exprime ce que la parole ne peut plus dire) :
• l’apparition d’une agitation chez une personne plutôt calme, l’irritabilité ;
• à l’inverse, une prostration inhabituelle : repli sur soi, absence de réaction ;
• une focalisation sur une zone du corps, où est peut-être localisée une douleur ;
• des gémissements, des plaintes, des grimaces ;
• différents signes physiques : pâleur, sueurs, extrémités froides, accélération de la respiration ou du rythme cardiaque ;
• le refus de s’alimenter ;
• les troubles du sommeil.
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