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Un phénomène trop longtemps négligé
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. Les plans anti-douleur
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Les facteurs religieux et culturels

La douleur a longtemps été considérée comme une fatalité, inséparable de la maladie et du grand âge. Dans la religion chrétienne, le symbole du Christ souffrant pour le salut de l’humanité associait volontiers à la souffrance une connotation positive. Elle pouvait également être perçue comme un châtiment plus ou moins « mérité », soulageant ainsi la culpabilité face à des « fautes » réelles ou supposées. De même, la souffrance reste parfois considérée comme une épreuve à surmonter, utile pour se construire et s’endurcir.

La douleur éclipsée par la maladie

Le monde médical lui-même, tout occupé à la lutte contre la maladie et focalisé sur le corps, a longtemps négligé la douleur des patients, même après la découverte de moyens efficaces de la combattre.

La douleur a longtemps été considérée comme un phénomène « normal », voire utile pour le diagnostic et le suivi de l’évolution de la maladie. Certains préconisaient même de « respecter » la douleur, négligeant du même coup le respect dû au patient.

Il est aujourd’hui admis que la souffrance non soulagée entrave les facultés de guérison, et peut entraîner une dégradation de l’état général, psychologique et physique. La peur de la douleur risque également d’entraîner des réticences vis-à-vis du suivi médical et des soins, et d’aggraver ainsi des problèmes de santé qui seraient mal pris en charge.

Des préjugés tenaces

La douleur des enfants a été longtemps sous-estimée, sinon niée, sous prétexte d’une maturation progressive du système nerveux. On sait aujourd’hui que le système de transmission de la douleur fonctionne dès le sixième mois de vie intra-utérine.

La douleur des personnes âgées reste encore trop souvent considérée comme « normale », inéluctable en raison du vieillissement et des pathologies qui peuvent l’accompagner. Sa prise en charge, indispensable, permet pourtant d’améliorer considérablement la qualité de vie, de conserver un bon moral et des activités variées, et d’éviter ainsi un risque d’évolution vers un état dépressif ou même vers la dépendance.

Le corps médical, traditionnellement peu formé aux aspects psychologiques de la prise en charge, a souvent dévalorisé l’expression de la douleur, qui ne faisait pas partie de ses priorités. Les différences individuelles et culturelles quant à l’expression du ressenti ont parfois fait l’objet d’attitudes méprisantes, à la limite du racisme : en témoignent des expressions comme le « syndrome méditerranéen » ou le « syndrome transalpin » (pour désigner l’immigration italienne de l’époque). Actuellement, le souci d’évaluer précisément la douleur met en évidence la difficulté supplémentaire que représente une expression atténuée, absente ou imprécise de la souffrance (voir la rubrique Les difficultés d’expression).

Des traitements à la réputation sulfureuse

Un préjugé tenace a longtemps entouré la morphine, très efficace mais associée à un risque de dépendance, en clair à une forme de toxicomanie – à tort selon les connaissances actuelles. Elle est restée classée dans la catégorie des stupéfiants jusqu’au début des années 1990. On retrouve des réticences analogues vis-à-vis du cannabis, utilisé médicalement au Canada pour son action anti-douleur dans la sclérose en plaques, mais qui ne fait pas l’objet d’études poussées dans de nombreux pays pour des raisons « morales ».
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De façon significative, il a fallu attendre 1998 pour qu’un premier plan anti-douleur soit lancé en France pour assurer à tous les patients une prise en charge efficace de leur souffrance. La reconduction et l’adaptation à deux reprises de ce plan montrent l’ampleur de la tâche à accomplir, notamment en termes de formation et de sensibilisation des personnels médicaux. Les problèmes budgétaires chroniques des hôpitaux, ainsi que le manque de personnel disponible et qualifié, entravent la poursuite de ces objectifs.