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Les conséquences psychologiques et sociales

Les conséquences d’une baisse prononcée de l’audition sont importantes, et peuvent entraîner un véritable handicap. Les deux fonctions primordiales de l’audition sont atteintes :
la communication : le sujet a du mal à participer à la vie sociale, et court le risque d’un repli sur soi, accentué par des facteurs psychologiques (refus de la réalité du handicap, crainte du regard de l’autre…).
l’alerte : le malentendant ne perçoit plus les événements sonores de faible niveau qui se produisent dans son environnement ; la vision et le toucher ne compensent qu’en partie ce manque. La fonction d’alerte de l’audition ne joue plus complètement son rôle, présentant des risques pour le sujet.

Les témoignages des patients révèlent une souffrance importante lorsque les troubles entravent la communication. Souvent niés par le patient, mal acceptés par l’entourage, ils peuvent entraîner un isolement croissant et provoquer à terme des problèmes d’anxiété ou de dépression.

Des troubles mal acceptés

Les patients font souvent le parallèle avec les problèmes de vue, qui semblent beaucoup mieux acceptés socialement comme un effet naturel du vieillissement. Le port de lunettes s’est banalisé, et peut même être vécu comme une forme de coquetterie par le choix de modèles à l’esthétique soignée, se conformant aux tendances de la mode. Les difficultés évidentes d’un aveugle suscitent fréquemment un réflexe d’aide.

En revanche, les problèmes d’audition restent vécus comme un véritable handicap que l’on a tendance à masquer, hésitant à faire répéter l’interlocuteur. Le souci de « normalité » reste très présent, et des représentations négatives persistent, associées à une forme de « débilité » (« sourdingue »). Un patient l’exprime de façon très parlante : « Un aveugle, on le plaint, mais un sourd, on s’en moque ». L’image de soi peut être atteinte, favorisant les sentiments anxieux ou dépressifs. Le port d’un appareil auditif provoque des réticences, surtout s’il est très visible, dans la mesure où il renvoie au vieillissement et à la modification de l’image de soi.

L’entourage a du mal à prendre conscience de la réalité du problème, fréquemment considéré comme imaginaire, au moins en partie : « il/elle pourrait faire un effort ». Il est vrai que certains malentendants, découragés, laissent parler leur interlocuteur sans essayer de le comprendre. Il peut également être difficile de faire la part entre les troubles auditifs et certains traits du caractère de la personne (distraction, manque d’attention, repli sur soi…) : « il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ». La difficulté à reconnaître qu’on n’a pas compris ce qu’on nous dit renforce les malentendus (qui portent bien leur nom dans ce contexte !).

Les relations avec les proches peuvent alors prendre un caractère conflictuel plus accentué, combinant sentiments d’insécurité et d’incompréhension, accompagnés de reproches mutuels, y compris (ou surtout ?) au sein du couple. Il faut ajouter que le manque d’information sur ces troubles n’incite guère l’entourage à faire les efforts minimums pour « se faire entendre » : parler distinctement, de face ou de trois-quarts, etc. (voir la rubrique Le rôle de l’entourage).

Un fort impact sur la vie affective et sociale

Une réaction fréquente est alors de minimiser et de masquer les troubles, à ses propres yeux et vis-à-vis de l’entourage. Les situations difficiles sont évitées autant que possible : conversations réduites, sorties plus rares ou inexistantes. La communication risque alors de se raréfier et de conduire à une forme d’isolement qui peut être très difficile à vivre.

Certaines personnes essaieront au contraire de contourner leurs difficultés de compréhension en monopolisant la parole : il y a moins d’occasions de ne pas comprendre ce que l’on vous dit, et le sujet général de la conversation est maîtrisé.

L’impact sur l’état psychologique et le moral peut donc être important. Les études menées par le groupement de recherche du CNRS sur les prothèses auditives mettent en évidence des perturbations de l’humeur, associant anxiété, tristesse et démotivation. Elles ont également relevé une hypersensibilité émotionnelle au bruit, mais aussi à la lumière et aux odeurs.

En parler avant tout

Les conséquences souvent disproportionnées de ces troubles semblent donc fréquemment liées à l’absence de communication sur le sujet. Il est indispensable d’en parler à ses proches de façon sincère, en expliquant les difficultés concrètes auxquelles on est confronté. Une bonne information sur ces questions permettra de les aborder plus sereinement, afin de trouver des solutions pratiques efficaces en termes de communication.

Les limites et inconvénients des appareils auditifs sont également mal connus. Si vous êtes appareillé, parlez-en franchement afin que vos proches soient conscients de vos difficultés au quotidien. N’ayez pas de fausse honte dans les magasins ou administrations : signalez votre problème, les réactions seront généralement compréhensives et vous éviteront des situations embarrassantes.

Les associations de patients peuvent être d’une grande aide, quel que soit le type de problème, du plus bénin au plus handicapant, afin d’échanger sur son expérience et de s’informer sur les solutions existantes (voir la rubrique Adresses et liens utiles).

Il est également essentiel d’en parler à son médecin traitant, qui orientera vers un spécialiste ORL puis, si nécessaire, vers un audio-prothésiste. Des échanges aussi complets que possibles avec ces différents intervenants leur permettront de préciser la nature des troubles et de déterminer la prise en charge la plus adaptée.
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Le philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) relevait l’importance primordiale de l’audition pour la communication entre les individus : « Ne pas voir coupe l’homme des choses, ne pas entendre coupe l’homme des hommes ». L’état des connaissances médicales et technologiques rendait évidemment le problème bien plus dramatique à son époque. Longtemps, faute de prise en charge adéquate, les sourds de naissance ont également été muets, alors même qu’aucun problème médical ne les empêchait de parler (« sourds-muets »). Actuellement, grâce au développement de l’orthophonie depuis une cinquantaine d’années, il est possible quand on le souhaite d’apprendre à parler même lorsque l’on souffre depuis la naissance d’une surdité très profonde.