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 La presbyacousie |
Elle correspond à une baisse normale de l’audition due à l’âge, qui commence vers 30 ans. Elle est comparable à la presbytie, mais présente des symptômes gênants plus tardivement (parfois vers 55-60 ans, plus nettement vers 75-80 ans), généralement une difficulté à comprendre la parole dans un bruit de fond.
Les premiers signes peuvent sembler banals (voir l’encadré), mais doivent alerter afin de faire réaliser un bilan auditif par un médecin ORL.
Les premières atteintes concernent souvent la perception des sons aigus. Malgré la préservation de la perception des sons graves, elles sont rapidement handicapantes, car les aigus sont essentiels à la compréhension de la parole, qui peut donc devenir rapidement difficile, notamment dans le brouhaha.
Un certain nombre de stratégies de compensation se mettent en place face à la baisse de l’audition : on mobilise davantage son attention (parfois au point de provoquer des migraines), on fixe ses interlocuteurs, on s’appuie sur sa mémoire pour suppléer aux informations manquantes (suppléance mentale). La poursuite de la baisse des capacités auditives rend ces stratégies insuffisantes.
La presbyacousie est due essentiellement au vieillissement, qui provoque la disparition progressive et définitive d’une partie des cellules ciliées, et un moins bon fonctionnement des voies et des centres nerveux auditifs. Elle est aggravée par les différents facteurs de risque concernant l’audition (voir la rubrique Les facteurs de risque). Des facteurs génétiques semblent intervenir, favorisant chez certains une presbyacousie précoce ou plus accentuée.
On rencontre fréquemment des symptômes associés à la presbyacousie : des acouphènes, dont l’apparition est parfois favorisée par l’exposition au bruit liée à des situations de stress ; des troubles de l’équilibre peuvent être accentués par le vieillissement de l’oreille interne.Une dégradation progressive Dans les premiers temps, les sons aigus ne sont plus perçus : sonnettes, chants d’oiseaux, sifflements… La compréhension de la parole demeure pour l’essentiel.
Une deuxième phase voit des difficultés apparaître dans certains contextes sonores : conversation de groupe, bruit de fond important (lieux publics, télévision, radio…). Paradoxalement, les sons forts sont mal tolérés.
Enfin, des troubles importants apparaissent dans la communication, avec de fortes répercussions psychologiques et sur l’entourage : la personne ne comprend plus son interlocuteur, a tendance à masquer ses difficultés et n’ose pas faire répéter, répond de travers, provoquant tension et irritation de part et d’autre. Le risque est alors grand d’éviter les situations de communication et de s’enfermer progressivement dans l’isolement. A terme, des symptômes dépressifs peuvent apparaître, ainsi que de fortes tensions au sein du couple et de la famille.Afin d’éviter des conséquences parfois lourdes, le patient comme son entourage doivent faire des efforts pour reconnaître et accepter le problème, en parler et mettre en place des solutions adaptées. Selon les symptômes, celles-ci iront d’une simple adaptation du comportement de l’entourage (voir la rubrique Le rôle de l’entourage), éventuellement combiné à l’apprentissage de la lecture labiale, jusqu’à l’essai et l’acquisition éventuelle d’une prothèse auditive. La consultation d’un médecin ORL est en tout état de cause indispensable. |
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