 Les conséquences de l’alitement |
En cas d’alitement, où le corps n’est plus en position debout, les mécanismes de l’équilibre se dégradent très rapidement : les otolithes ne perçoivent plus les inclinaisons de la tête ; les membres étant dépourvus de poids, les muscles n'ont plus à se contracter pour maintenir le corps et le mettre en mouvement ; les récepteurs du toucher et de la pression des pieds et des chevilles n'indiquent plus l'orientation vers le bas. La mémoire du schéma corporel, moins sollicitée, tend à s’effacer.
La durée de l’alitement a donc des répercussions massives sur la capacité à se tenir debout et à se déplacer, sans bien sûr que la personne en soit responsable : évoquer une soi-disant « mauvaise volonté » n’a donc pas de sens dans ce contexte. Dans les hôpitaux, des tables de verticalisation sont utilisées pour réhabituer progressivement à la station debout suite à un alitement prolongé.
Chez la personne grabataire, la stabilité des positions (12 heures au lit, 12 heures assis dans un fauteuil) éteint progressivement le schéma corporel par diminution de l'intelligence sensori-motrice, ce qui entraîne une réduction de l'intelligence conceptuelle (ou du moins de ses capacités expressives).
Le patient sera alors vu comme débutant une pathologie (désorientation spatio-temporelle, perte d'idéation, démence, etc.), alors qu’il s’agit en réalité du point d'arrivée d'un manque d'utilisation des compétences sensori-motrices. |
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