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Vue et conduite automobile

La perception est la première des quatre tâches impliquées dans cette activité : percevoir, analyser, décider, agir. La vue fournit 95 % des informations nécessaires à la conduite. 20 % des responsables d’accidents de la route souffriraient d’une déficience visuelle.

L’avancée en âge accroît les risques

Le vieillissement a de nombreuses conséquences sur les performances visuelles nécessaires à la conduite :
• la vision à distance : là où un jeune adulte peut lire un panneau signalétique à 100 mètres, une personne âgée devra se rapprocher à 65 ou 70 mètres pour le déchiffrer. En effet, les panneaux ont été standardisés après-guerre, à une époque où seulement 7 % de la population avait plus de 65 ans. La prise de décision peut ainsi être ralentie, entraînant hésitations et changements brusques de direction, avec des risques graves pour la sécurité des différents véhicules en présence.
• la capacité d’accommodation : la perception nette d’objets lointains et proches regardés successivement se fait moins rapidement.
• la baisse de l’acuité visuelle centrale et périphérique ; elle est particulièrement marquée la nuit : à 60 ans, on a besoin de 4 fois plus de lumière qu’à 20 ans pour bien voir.
• la baisse de la vision latérale, entraînant un rétrécissement du champ visuel : la vision des panneaux indicateurs est moins bonne, ainsi que l’évaluation de la vitesse des autres conducteurs.
• des anomalies dans la perception de la profondeur, et donc dans l’appréciation des distances des objets et des véhicules.
• une sensibilité accrue à l’éblouissement, rendant très délicate la conduite de nuit (phares des autres véhicules, éclairage public…).

Une très grande prudence est donc indispensable, et des précautions particulières devront donc être prises : éviter de rouler la nuit, à l’aube ou au crépuscule ; se faire accompagner d’un « co-pilote » pour mieux suivre les indications routières ; et, bien entendu, faire surveiller régulièrement son acuité visuelle et la correction apportée par ses lunettes ou ses lentilles de contact.

Des lacunes dans les politiques de prévention

L’acuité visuelle minimale légale pour avoir le droit de conduire un véhicule léger (permis B) est de 5 dixièmes de moyenne pour les deux yeux, après correction éventuelle par des lunettes ou des lentilles (qui doivent bien sûr impérativement être portées lors de la conduite). On estime que plus d’un automobiliste sur dix âgé de plus de 60 ans a une vision inférieure aux critères requis pour la conduite.

Différents projets de loi ont envisagé une visite médicale régulière pour les seniors, mais n’ont jamais été adoptés par l’Assemblée nationale. La France est ainsi largement en retard sur ses voisins. Il relève donc de la responsabilité de chacun, le conducteur mais aussi son entourage si des indices laissent supposer un risque quelconque, d’être conscient de la nécessité d’un suivi médical sérieux concernant la conduite automobile.
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En France, un médecin n’a pas le droit de signaler à la préfecture un patient inapte à la conduite automobile : il pourrait être condamné pour violation du secret médical. Son seul moyen d’agir est de convaincre l’intéressé de renoncer à la conduite, ou d’informer sa famille. Celle-ci se retrouve parfois dans des situations délicates, par peur d’un conflit avec le conducteur ; mais les risques vitaux encourus par celui-ci et les autres usagers de la route nécessitent dans certains cas des décisions courageuses et efficaces (confiscation des clés, vente du véhicule…).