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Les "fugues"

Un comportement d’errance

Ce terme de « fugue » rend imparfaitement compte de la réalité du phénomène, qui touche près de 60 % des patients : le malade a rarement l’intention délibérée de s’en aller du domicile. Il s’agit généralement d’un phénomène d’errance lié à la défaillance de la mémoire à court terme, à la perte des repères et au besoin de déambulation (voir la rubrique Comment réagir face aux symptômes) : le malade sort du domicile, peut oublier rapidement son intention initiale, et ne sait plus comment retrouver son chemin, parfois à la suite d’une erreur minime (se tromper de rue ou de trottoir).

Les sorties de nuit rendent encore plus difficiles la perception des repères visuels, et augmentent les risques (difficulté pour retrouver la personne qui peut se dissimuler dans un endroit difficile à repérer, froid intense, déshydratation, dénutrition…).

A un stade avancé de la maladie, les patients peuvent partir à la recherche d’un proche, même décédé, souvent leur mère. Les fugues à proprement parler (avec une intention volontaire) sont rares, et généralement liées à un événement déclencheur (dispute…).

Réagir rapidement pour limiter les risques

Le plus souvent, ce sont les voisins ou la police qui retrouvent le malade, au bout d’un temps variable. Face à cette situation, ne paniquez pas, commencez par faire un rapide tour du quartier en interrogeant les voisins et les commerçants : dans la grande majorité des cas, le patient se trouve dans un périmètre d’un kilomètre et demie.

Privilégiez les endroits de promenade habituels, les trajets en descente plutôt qu’en montée, les parcours sans obstacles ou sans franchissements de rues : le patient errant évite les difficultés. Si la recherche est infructueuse, prévenez rapidement la police ou la gendarmerie, en leur fournissant le signalement du malade (notamment son habillement) et une photo récente.

Mettre en place des mesures de prévention

Pour prévenir ce type d’incident, programmez régulièrement des sorties à l’extérieur et de l’exercice physique, afin d’atténuer le besoin de déambulation et de sortie. Sécurisez les issues du domicile (portes, fenêtres, escaliers) afin d’empêcher les sorties hors de votre présence : le patient ne doit pas se promener seul. Masquez éventuellement la porte d’entrée avec une tenture. Ne laissez pas en évidence les objets qui peuvent inciter au départ : manteau, parapluie…

Evitez de lui confier des papiers importants (carte d’identité ou passeport), mais munissez-le d’un document comportant son identité, son adresse, les numéros de téléphone à contacter au cas où il se perd (dans ses vêtements, ou de préférence sous forme de collier ou de bracelet). Alertez préventivement les voisins et les commerçants afin qu’ils vous préviennent si nécessaire.

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Le système Columba
Afin de limiter les dangers liés à la « fugue », un système de détection automatique appelé « Columba » a été développé. Le malade porte un bracelet-téléphone qui déclenche une alerte auprès d’un centre d’appel médicalisé s’il sort d’une zone prédéfinie autour du domicile ou de la maison de retraite, considérée comme sécurisée. Le centre d’appel alerte alors la famille ou le personnel d’encadrement afin de coordonner l’assistance. Le malade peut ensuite être localisé par un système GPS, et contacté via la fonction téléphone mains libres du bracelet. Les coûts restent élevés : installation du système (260 euros), et abonnement mensuel d’environ 60 euros (tarifs au lancement en juin 2006). Disponible en pharmacie et auprès du réseau France Télécom.
Un système de ce type, s’il peut rendre des services ponctuellement, ne peut bien sûr pas se substituer à la prise en charge du malade par l’entourage, le voisinage, ou le personnel encadrant d’un établissement.