Un phénomène à ne pas négliger Les chutes chez les personnes âgées représentent un grave problème de santé publique et un fort risque de perte d’autonomie, même en l’absence de problèmes de santé antérieurs : • chaque année, une personne sur trois de plus de 65 ans est victime d’une chute, cette proportion augmentant avec l’âge ; les femmes sont deux fois plus nombreuses à chuter que les hommes ; • une part importante des journées d’hospitalisation (entre 10 et 20 %) est due aux chutes ; • il s’agit de la première cause de mortalité, avec près de 9 000 décès par an chez les plus de 65 ans, soit plus que les accidents de la route pour l’ensemble de la population : on compte 20 à 30 % de décès dans l’année qui suit une fracture du col du fémur ; elle représente les deux tiers des décès par accidents chez les plus de 75 ans ; • le risque de placement en institution est doublé après une chute.
Elles ont en effet, outre une fréquence accrue, un impact beaucoup plus important à cette période de la vie : le manque de souplesse entraîne des difficultés pour se relever ; la fragilisation des os favorise les fractures (généralement le col du fémur ou l’avant-bras), qui ont pour conséquence des douleurs ou même des handicaps, limitant la mobilité et mettant en péril le maintien à domicile. Les fonctions psychomotrices permettant la station debout, la marche et le maintien de l’équilibre peuvent être rapidement altérées en cas d’alitement prolongé.Les chutes ont également des conséquences psychologiques : la peur de nouvelles chutes et la perte de confiance en soi limitent elles-mêmes la mobilité, pouvant entraîner un « cercle vicieux » de la chute. Des modifications importantes du comportement peuvent survenir : isolement, réduction des activités, syndrome dépressif…
Une personne ayant chuté ne devra donc pas être « surprotégée », mais encouragée à poursuivre ses activités. Cela pourra être l’occasion de revoir les mesures de prudence et d’aménagement du logement qui s’imposent.Il est en effet possible de prévenir les chutes, en traitant les différents facteurs de risque qui les favorisent. La prudence sera toujours la première des préventions, mais le risque de chute peut être considérablement réduit grâce à des comportements et des aménagements simples et de bon sens.
En effet, les chutes ont généralement lieu au domicile, qui doit être aménagé pour limiter les risques, en éliminant les obstacles, les causes de glissades, en améliorant l’éclairage.
L’hygiène de vie est également essentielle pour prévenir les risques : l’activité physique permet de maintenir un fonctionnement optimal des mécanismes de la marche et de l’équilibre. Surtout, ne réduisez pas vos déplacements de peur de tomber !
L’alimentation joue également un rôle crucial : la diminution du goût et de l’appétit, fréquents chez les personnes âgées, risquent de provoquer des carences et de la dénutrition, accentuant la fonte de la masse musculaire et la baisse de densité osseuse, et aggravant les risques de chute et de fracture.
Mise en ligne : août 2006. |
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