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 Adapter sa sexualité |
L'adaptation aux impératifs de l'âge nécessite à la fois acceptation et inventivité. Le travail d'acceptation nécessite le deuil de l'état antérieur. Certaines pratiques ne seront peut-être plus possibles, d’autres les remplaceront. L’enjeu est certainement la découverte de nouvelles formes de plaisir, moins axées sur la performance physique, et laissant davantage de place à la surprise, aux jeux sensuels, à l'érotisme, moteurs du désir.
La qualité de la relation avec le partenaire est évidemment déterminante. Le relâchement des contraintes sociales et la disponibilité peuvent permettre d’enrichir cette relation, sur le mode du respect et de l’échange : plus d’attention à l’autre et plus de réceptivité, l’acceptation du partage et de la participation de l'autre, l’aide et la motivation réciproque seront autant d’atouts pour l’épanouissement de chacun.Une réactivité sexuelle plus lente Chez l’homme, l’érection met un peu plus de temps à s’établir, mais sa durée n’est pas affectée. Le rôle de la partenaire est essentiel : loin d’être passive, la femme peut stimuler l’homme par des caresses. Chez la femme, la lubrification vaginale peut être retardée ou insuffisante pour le confort des partenaires, auquel cas l’utilisation de lubrifiants locaux peut être utile. Une étude a cependant montré que ce problème est moins fréquent chez les femmes ayant une activité sexuelle régulière…Le plaisir, encore et toujours… L’orgasme féminin est toujours là, même si les contractions vaginales qui l’accompagnent durent moins longtemps. Chez l’homme, on constate des modifications de l’orgasme, qui ne nuisent pas à la qualité du plaisir : diminution de la quantité de sperme et de la force de l’éjaculation ; détumescence plus rapide ; période réfractaire allongée (jusqu’à 24 heures).
Le plaisir est plus facilement dissocié de l’orgasme : le besoin d’éjaculer est moins pressant, et beaucoup d’hommes éprouvent une satisfaction sexuelle intense sans aller jusqu’à l’éjaculation.Il n’y a pas de fatalité de la disparition de la libido : contrairement à certains anciens clichés, la fin de la fécondité chez la femme n’a pas de lien avec la disparition du désir.
La baisse d’intensité ou l’arrêt de l’activité sexuelle ont souvent d’autres sources : une image de soi et de son corps moins valorisante, une difficulté à accepter les changements, pouvant être interprétés par les hommes comme une perte de performance, une sexualité déjà peu gratifiante qui sera délaissée sans grand regret, un relatif éloignement affectif entre les partenaires, ou encore un attachement profond mais qui « oublie » quelque peu la sexualité, etc.
Si la fréquence des rapports sexuels baisse, cela semble plus lié à la durée de la vie de couple qu’au vieillissement lui-même ; on retrouve en effet ce phénomène dans toutes les tranches d’âge.Quelles pratiques sexuelles ? Aucune norme ne peut bien sûr être définie. La sexualité elle-même n’est pas une obligation : à chacun de définir au mieux ses besoins et ses désirs. De la même façon, les pratiques sexuelles iront dans le sens de notre personnalité : elles sont le reflet de la manière dont laquelle l'individu se vit et vit sa relation à l'autre.
Des pratiques sexuelles diversifiées et renouvelées en fonction des modifications liées à l'âge sont à même de permettre de poursuivre longtemps sa sexualité. Les modèles dominants (clivage entre les rôles masculin et féminin, sexualité de pénétration, « position du missionnaire », postulat de la jouissance vaginale de la femme) devront être assouplis et adaptés : les jeux de séduction et les jeux sexuels, assimilés dans ces modèles à de simples « préliminaires », pourront voir leur rôle réévalué. |
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