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Une influence culturelle ?

La représentation de la ménopause diffère selon les sociétés, de même que la perception des symptômes qui peuvent l’accompagner. Cette diversité reflète le lien plus ou moins étroit établi par une société donnée entre la fécondité et la sexualité, et la place qui est accordée aux femmes, avant comme après la ménopause.

Les représentations négatives de la ménopause

On rencontre un exemple extrême de ces représentations chez les Gisu, peuple bantou d'Afrique : les femmes qui n’ont pas eu d’enfants sont violemment rejetées au moment de la ménopause, au point de pousser certaines d’entre elles au suicide.

Il n’y a pas si longtemps, la vision de nos sociétés n’était pas non plus très positive. Charles de Gardanne, médecin français du 19e siècle (le premier à avoir nommé la ménopause) décrivait ainsi les femmes ménopausées : « Moroses, inquiètes, taciturnes et regrettant sans cesse les jouissances qui ne sont plus de leur âge » !

Les représentations positives de la ménopause

Une étude menée chez les Indiens Mohave dans les années 50 par l’ethnopsychanalyste Georges Devereux montrait que la ménopause n’est pas pour eux une période traumatisante, au cours de laquelle les femmes seraient troublées sur le plan de l’humeur et du comportement. La vie sexuelle et sociale des femmes continue de s’épanouir : tout en gardant leurs petits-enfants que leurs fils, souvent divorcés de leurs jeunes femmes volages, leur confient, elles continuent à avoir des amants ou à se marier avec des hommes jeunes, eux-mêmes divorcés.

Intégrées à la vie sociale de la tribu, elles tirent parti de leur expérience pour y jouer un rôle de conseil, de transmission du savoir-faire : « La femme ménopausée n’est plus tenue à éviter d’être en compétition avec les hommes dans le domaine public et tribal ; son énergie socialement créatrice est libérée et fait d’elle un personnage important de la tribu… Pendant et après la ménopause, la femme Mohave continue à rester dans le courant de la vie, ses mains pleines de travail, sa maison pleine de petits-enfants, sa tête pleine de sagesse et d’expérience, ses bras souvent pleins d’un jeune mari ou amant, son œil rayonnant et sa langue prompte à la répartie. »

La ménopause représente ainsi « la récapitulation d’une vie qui est aussi une partie de la vie, et sans laquelle la vie serait incomplète et la mort sans signification et sans dignité ».

L’influence du statut social

Plusieurs études ont montré des différences d’attitude vis-à-vis de la ménopause selon les classes sociales auxquelles les femmes appartiennent. En Inde du Nord, les femmes Rajput qui appartiennent à une caste élevée sont admises auprès des hommes dans toutes les activités dès qu’elles sont ménopausées (et donc délivrées des règles d’impureté), tandis que celles des castes inférieures continuent à n'assumer que des tâches domestiques.

Des symptômes variables

Dans ce même contexte, les femmes qui jouissent de ce statut privilégié ne se plaignent d’aucun symptôme, contrairement aux autres. Dans les pays industrialisés, des études ont mis en évidence d’importantes différences quant aux symptômes ressentis par les femmes : au Japon, le terme désignant les bouffées de chaleur n’existe pas, ce symptôme étant très rare (moins de 12 % des Japonaises se plaignent de troubles à la ménopause) ; en revanche, plus de 70 % des femmes américaines et grecques s’en plaignent.
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