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Retraite et bénévolat

Cet article a été rédigé suite à la conférence Retraite et bénévolat organisée le 26 mars 2009 à l’Irips par Malika Zarour, psychologue, avec la participation de l’Espace Cadres Marseille et de Médecins du Monde.


Le temps libéré par la cessation de l’activité professionnelle est souvent imaginé comme le temps de tous les possibles, où l’on pourra enfin concrétiser des projets jusqu’alors irréalisables : voyages, loisirs, vie familiale et amicale, mais aussi investissement dans des actions tournées vers autrui. Le bénévolat peut ainsi être vu comme une activité joignant l’utile (se mettre au service des autres) à l’agréable (occuper son temps disponible de façon valorisante). Au-delà de son utilité sociale, il présente effectivement des bénéfices certains pour la santé psychologique et physique.

La démarche, pour rester bénéfique, doit cependant être réfléchie et éviter un certain nombre d’écueils :
• elle doit être bien adaptée à la personnalité de chacun, dans ses objectifs comme dans ses modalités ;
• elle ne doit pas nuire à son épanouissement personnel et à celui de ses proches, en raison d’un investissement trop gourmand en temps et en énergie : l’engagement ne doit pas empêcher d’enrichir sa vie de couple grâce à une disponibilité accrue, de voir sa famille éloignée géographiquement, de renouer ou renforcer des liens avec des amis, de s’adonner à des loisirs individuels ou collectifs…
• elle ne pas être trop contraignante, sous peine de reproduire les travers de certaines formes d’activité professionnelle : surmenage, stress, indisponibilité pour les proches ;
• elle ne pas pénaliser d’autres formes de vie sociale tout aussi gratifiantes et utiles à tous, qu’on pourrait qualifier de « bénévolat au quotidien » : s’occuper de ses petits-enfants, d’un parent, apporter de l’aide à des voisins, des personnes âgées …

Des motivations propres à chacun

De façon générale, l’envie de s’impliquer dans une activité bénévole correspond à la recherche d’un équilibre, d’un sens que l’on souhaite donner à sa propre vie. En fonction de la personnalité de chacun, de son histoire, de ses traditions familiales, différentes motivations peuvent entrer en jeu, à des degrés divers :
• le souhait de se rendre utile ;
• l’affirmation et la concrétisation de convictions profondes, d’un engagement personnel autour des valeurs de solidarité, de citoyenneté ;
• l’envie de transmettre ses passions (loisirs, sports) ;
• lutter contre le sentiment d’isolement qui peut apparaître après la cessation des relations professionnelles ;
• la recherche de contacts avec de nouvelles personnes ;
• le partage et les échanges, notamment entre générations ;
• le besoin de reconnaissance personnelle ;
• le désir de ne pas perdre son identité professionnelle.

L’engagement bénévole présente ainsi un double visage : l’aide apportée à autrui, mais aussi les enjeux propres à chacun. La signification du mot bénévolat, d’origine latine, « vouloir du bien », peut ainsi s’entendre des deux manières : vouloir (et faire) du bien à autrui, mais aussi à soi-même. En effet, si se rendre utile aux autres permet de se décentrer un peu de soi-même et de ses soucis, cela ne doit pas être prétexte à s’oublier et à ne pas s’occuper de soi-même et de ses proches.

Les motivations de chacun font partie intégrante de la démarche, et ne doivent pas être motif à se culpabiliser. Il n’existe guère d’altruisme « pur », et les bénéfices personnels que l’on peut retirer de ses choix sont tout à fait légitimes : s’occuper d’enfants lorsque l’on n’en a pas eu soi-même, de personnes âgées pour retrouver une forme de lien filial, etc.

L’élaboration réussie ou non d’un équilibre entre ces deux aspects conditionnera souvent la réussite de l’investissement personnel, en termes de résultats objectifs comme de réalisation personnelle.

Une démarche pragmatique

Les associations recourant aux services de bénévoles relèvent souvent les difficultés qui naissent d’une vision idéalisée du bénévolat.

Les grandes causes, l’aide aux personnes en difficulté sont une motivation fréquente, mais se révèlent au quotidien des activités ardues : les contacts avec les publics visés peuvent être délicats et peu gratifiants à court terme. Il sera préférable d’éviter d’attendre l’expression d’une quelconque reconnaissance, et de se satisfaire de résultats modestes mais réels.

Par ailleurs, le passage à la retraite n’est pas le « grand soir » souvent imaginé. Cette période délicate à affronter s’inscrit pour chacun dans la continuité de sa vie antérieure : « tu vieilliras comme tu as été toute ta vie ». Les retraités investis dans le bénévolat sont souvent des personnes qui avaient déjà des engagements personnels, humanitaires, syndicaux, politiques, laïques ou religieux, voire simplement d’aides de voisinages, notamment dans les petites communes où les solidarités de proximité subsistent plus facilement que dans les villes.

Un engagement insuffisamment réfléchi risque d’entraîner déceptions et renoncement, au détriment de son épanouissement personnel (sentiment d’échec), et bien sûr des bénéficiaires de l’action envisagée.

Une réflexion personnelle approfondie sur son désir d’engagement doit être menée pour éviter ces écueils. Il ne faut pas hésiter à se poser des questions, même dérangeantes, à affronter des peurs et des doutes qui font partie intégrante d’un choix de vie réfléchi.

Poser des limites

Le temps libéré par l’arrêt de l’activité professionnelle ne doit pas être surestimé. En effet, de nombreuses obligations ou contraintes subsistent, et sont même souvent renforcées à cette période de la vie : garde des petits-enfants, aide nécessaire pour épauler des parents moins autonomes ou un conjoint malade. Ainsi, de nombreux retraités expriment, lors des bilans réalisés dans les centres de prévention, leur sentiment d’être très occupés, voire débordés, comme durant leur vie active.

En particulier, la tâche d’un aidant familial d’un proche en perte d’autonomie est largement comparable à un investissement dans une activité bénévole, et souvent bien plus prenante encore.

Les activités bénévoles ne doivent pas être une cause d’épuisement physique ou nerveux, par surcharge de travail ou à cause des difficultés rencontrées. L’engagement peut être très variable, d’une à plusieurs heures par jour à une journée par an. Dans certains cas, il pourra être plus sage de se « contenter » d’une vie personnelle, familiale et sociale déjà bien remplie et gratifiante.

Il est donc indispensable de bien doser son implication, en termes de temps et d’efforts, pour préserver sa disponibilité pour ses proches, mais aussi son temps libre. Inutile de passer sa retraite à courir autant ou plus que pendant sa vie active. Les personnes ne pouvant se passer d’un rythme « trépidant » risquent de s’exposer à des problèmes de santé et/ou à des troubles psychologiques (surmenage, stress, conflits avec l’entourage, épisodes dépressifs…). L’investissement personnel devra pouvoir évoluer dans le temps, sans se contraindre exagérément par des obligations supposées envers les structures concernées : il est indispensable de toujours conserver ses possibilités de choix.

Certaines structures peuvent avoir tendance à fonctionner comme des entreprises « classiques », avec leurs éventuels travers : lieux de pouvoir, parfois très hiérarchisés, tâches et horaires très contraignants. Elles s’éloignent ainsi de la démarche du bénévolat, qui ne consiste pas en un « vrai » travail (au risque d’être assimilé à du travail au noir) : les associations disposent de sources de financement, certes très variables, et doivent pouvoir proportionner leurs activités à leurs ressources financières et humaines (salariés et bénévoles). Le bénévolat doit demeurer un engagement volontaire en adéquation avec vos aspirations. Dans certains cas, il sera nécessaire de pouvoir dire non, sans se laisser influencer par les réflexes hiérarchiques de la vie professionnelle.

A l’inverse, certaines associations peuvent s’avérer mal organisées, pas assez structurées, laissant trop de « liberté », sinon de flou… Le risque est alors celui de la déperdition inutile d’énergie, au détriment des personnes bénéficiaires des actions menées.

Des précisions utiles

Dans le cadre d’une activité bénévole, il n’existe pas de contrat de travail. Pour limiter les risques pour le bénévole et pour la structure dans laquelle il s’engage, une charte précise souvent les lignes générales de son activité :
• les objectifs poursuivis par la structure ;
• les valeurs communes auxquelles adhèrent les bénévoles ;
• la nature de l’engagement du bénévole : nature des tâches, horaires…
• les moyens qui seront mis à sa disposition pour effectuer ses missions : formation, outils, etc.
• les modalités de prise en charge des frais éventuels : remboursement total ou partiel.

En l’absence d’un document écrit de cette nature, on prendra soin de bien préciser oralement ces différents points pour éviter tout malentendu.

Choisir un domaine d’activité

Il existe un choix très large de types d’activités et de structures. Les actions d’aide et de soutien à des personnes en difficulté sont nombreuses, mais demandent des qualités relationnelles certaines : aide alimentaire, soutien aux personnes âgées à domicile, accès aux soins, aide administrative, soutien scolaire, alphabétisation, etc.

Les associations de loisirs, sportives, culturelles, fonctionnent grâce à de nombreux bénévoles. S’investir dans une association que l’on connaît pour avoir bénéficié de ses services est une démarche naturelle pour un engagement raisonné.

Dans tous les cas, l’engagement est d’autant plus efficace que le domaine d’activité correspond à la personnalité et aux domaines d’intérêt de la personne, quels qu’ils soient.

A qui s’adresser ?

Certains organismes sont très connus et ont des besoins constants en bénévoles : Médecins du Monde, Secours catholique, Secours populaire, Restaurants du cœur, Petits frères des pauvres, etc. De nombreuses associations recherchent également des bénévoles ; si elles en font la démarche, leurs demandes sont accessibles par l’intermédiaire des antennes locales et du site Internet de France Bénévolat, ainsi que sur le site Internet Espace Bénévolat.

France Bénévolat
Site Internet : http://www.francebenevolat.org/ (répertoire d’actions bénévoles sur toute la France)
• antenne de Marseille : Marseille Volontariat
Cité des Associations
93, La Canebière
13001 Marseille
Courriel : marvol@wanadoo.fr
Site Internet : http://www.marseille-volontariat.com/
• antenne Lyon-Rhône : Carrefour du bénévolat
26, rue Sala
69002 Lyon
Tél. : 04 78 37 75 25
Courriel : contact@benevolat-lyonrhone.fr
Site Internet : http://www.benevolat-lyonrhone.fr

Espace Bénévolat
Répertoire d’actions bénévoles sur toute la France ; vous pouvez également vous inscrire afin d’être éventuellement contacté directement par une association.
Tél. : 08 21 21 08 08 (prix d’un appel local depuis un poste fixe France Télécom)
Site Internet : http://www.espacebenevolat.org/

Espace Cadres Marseille
36, rue de la République
13001 Marseille
Tél. : 04 91 90 56 58
Courriel : espacecadresm@9business.fr
Site Internet : http://www.espacecadres.org/
Financée par certaines institutions de retraite complémentaire Agirc-Arrco et partenaire de l’Irips, cette association propose différentes activités culturelles et de loisirs à destination des retraités cadres, un suivi personnalisé de cadres en recherche d’emploi, ainsi que des actions d’accompagnement de personnes âgées, d’aide aux personnes malvoyantes, d’alphabétisation et de soutien scolaire. Ces actions sont menées grâce à l’investissement de nombreux bénévoles.

Mise en ligne : avril 2010.
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Les chiffres concernant les activités bénévoles en France sont difficiles à établir, mais sont révélateurs de l’importance de ce secteur. On évoque le nombre de 13 millions de bénévoles, chiffre vraisemblablement surestimé dans la mesure où il est calculé à partir des déclarations brutes des associations : un personne ayant différentes activités bénévoles est ainsi comptabilisée plusieurs fois.
Le volume d’activité par bénévole, estimé à 25 heures par an en moyenne, semble en revanche sous-évalué et ne pas refléter la réalité des bénévoles réellement actifs.